Immortalitas

SOUIRI GHARBI
Fatma
Faculté des Sciences humaines et sociales de Tunis
Tunisie

Mort enchanteresse, délivrance… A mi-chemin entre les flammes et l’eau limpide, entre le néant et la lumière… suis-je immortelle étant vivante ? Ou bien devrais-je provoquer ma léthargie, décider de mon agonie pour savourer la suavité d’un autre monde ?  Le suicide me permettrait dès lors de défier les dieux, les mythes, les esprits « malins »… Zeus, Hadès, Vénus, Jupiter, Satan, Lilith… Serpent, Cobra, Boa … l’Olympe, l’Univers… je serais un mythe, une légende… je serais surnaturelle, divine, divinisée par ma perdition… Oui, je défierais le Destin, les lois écrites là-haut… je serais le propre héraut de ma mort, ma faucheuse, ma bienfaitrice, ma propre tentatrice, ma salvatrice… Je serais mon propre Dieu, immortelle, jouissant de mon paradis, de mes concupiscences charnelles… Mais… Ne pourrais-je pas trouver un compromis ? Rester profane, aussi terrestre qu’humaine, mais immortelle ? Immortelle par un acte, un récit ? Par quelque synecdoque ?  Goethe est immortel.
Chopin est immortel.
Liszt est immortel.
Delacroix est immortel.
Sarraute est immortelle.
La mort est donc la consécration de l’Artiste… une sorte de témoignage de son génie, une immortalité posthume reconnue après sa mort ?  L’œuvre rend son créateur immortel. Donc, c’est grâce à la verve qu’un humain (chose commune et insignifiante) connaît, à un moment donné (ou pas, cela dépend indéniablement de la veine artistique découverte, de préférence, à un âge précoce) une transcendance paroxystique … Et mon syllogisme me préconise de terminer sur cette réflexion (qui constituera une ouverture sur une éventuelle méditation) : Dieu est Art.