Séparation

ELMALECK
Mouna
Université Chouaïb Doukkali,El Jadida
Maroc


Je suis une femme, j’écris, pourrais-je me dédire de l’autobiographie ? Pourraient-ils s’en dédire aussi ? Même dans un roman de science-fiction ou un roman polar, il y a presque toujours un détail de la vie quotidienne. Effronté, il fourre son nez morveux dans les affaires du récit, malgré l’embarras de l’auteur, telle une gravelle dans une poignée de sésame. On a beau la désagréger pour l’ajouter à la pâte, on la croque pourtant, à la première bouchée du gâteau.

Jamais je n’imaginais l’arrivée de ce jour, cependant je suis en route pour le tribunal. Aujourd’hui, je divorce. Cela fait quatre fois que je crie, je pleure, j’hésite, puis le train-train ronronne. Notre vie plate, reprend son cours. Nous plongeons à plat ventre dans la médiocrité, comme dans le sable mouvant, sa vase nous tire vers le fond, doucement, nous ne paniquons pas, car nous ne sentons guère de danger, nous croyons qu’elle n’est pas si profonde, qu’à n’importe quel moment, nous pourrions nous mettre debout, nous doucher et il ne restera de cette boue que son effet adoucissant pour la peau. Eh ! Bah, non la souillure atteint l’âme !

Je suis en train de rétrécir et qui sait ? Peut-être qu’un jour à mon réveil, je deviendrais naine !

Je voudrais remettre le compteur à zéro, mais mon bébé de quatre mois est là, il bloque l’aiguille. Désolée ! Je n’ai nullement l’attention de te priver de ton papa, néanmoins je ne voudrai plus de ce mari. Cette fois, je n’ai aucun ressentiment, j’assumerai jusqu’au bout ma décision. Ici et maintenant, comment y être présent, sans que notre esprit n’effectue ce va et vient entre passé et devenir ? Il suffit de s’y exercer tous les jours, disent-ils, Flou ! Flou !