Le fantôme du passé

AMAR
Meina
Université Ibn Zohr, Agadir
Maroc


Cela fait quelques jours que je n’arrive plus à dormir d’un sommeil profond. Dès que je ferme les yeux, je te vois. Je ne peux dire si c’est un rêve ou plutôt un cauchemar. Toute cette situation me fait rire le matin assise dans ma cuisine à boire mon café. Je trouve bizarre cette situation où je me trouve bizarre. Tu sais pourquoi ? Parce que cela fait 5 ans que tu étais sorti de chez moi sans plus jamais revenir sans donner aucun signe de vie. Cinq longues années sans que j’entende ta voix, sans sentir ton souffle ni le toucher de tes mains sur ma peau ni la chaleur de tes lèvres. Cinq ans de torture. Cinq ans, c’est facile à dire mais très difficile à vivre. Pourtant j’ai vécu chaque instant de ces cinq années. Si tu étais mort cela aurait été plus facile à accepter, mais le seul fait que tu respires quelque part loin de moi me donnait la nausée. Au début, dans la période après toi, je me torturais, je ne voulais qu’une seule chose : te voir, te regarder en face et te demander pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi toi ? Pourquoi nous ? Ensuite toujours dans la même période, l’indifférence a fait surface. J’étais indifférente à tout même à ton absence et ton silence ne me faisait plus aucun effet. J’étais devenue un corps sans âme. Je vivais sans vraiment vivre. J’étais là mais mon esprit était ailleurs, j’étais perdue. Ces jours-là étaient les plus difficiles à vivre parce que je n’étais plus moi. Je n’étais plus cette joyeuse fille dont tu as été un jour amoureux. Oui je sais qu’un jour très lointain tu m’avais aimée mais reste à savoir quand c’est arrivé. Et puis vint la période de l’oubli. Ah oui, j’ai cru t’oublier jusqu’à il y a quelques jours quand tu es revenu me hanter dans mon sommeil. Je continue à boire mon café et à penser à la raison de ton apparition du plus profond de ma conscience. Pourquoi maintenant ?