À quoi rimons-nous ?

ZAHROU
Amine
Université Hassan II,Casablanca (Mohammedia)
Maroc


Je suis comme cette fleur qui ne cesse de perdre ses pétales à chaque frottement de l’air ; cette fleur qui se fait renverser par un simple sifflement, se laisse arracher d’un claquement de doigt.
Je ne cesse de me poser la question pourquoi je m’acharne à vivre, pourquoi on nous a assigné une chance, une seule pour prouver qui on est, ou qui on est supposé être ; un tas de questions me tracassent mais je ne peux répondre à aucune ; est-ce que cela exprime ma faiblesse, ou la faiblesse de mon univers qui ne m’offre que de faible arguments ; parfois je me sens comme une vague rugissant d’énergie qui déferle sur tout ce qui bouge mais, une fois que j’explose, inutile de repenser à me réformer, tout espoir se vaporise.
L’espoir de survivre non de vivre n’est qu’une idée vaine qui remplit la tête des incapables : la vie paraît de plus en plus difficile mais, quand on réfléchit, quand on prend du temps pour méditer, pour voir la situation à laquelle on s’expose, la vie devient si facile et comme il est facile aussi d’arrêter nos mouvements précipités qui ne servent qu’à nous détourner du chemin droit, du chemin du bonheur.
Bonheur : ce mot qui fascine tout le monde reste un mystère. Il y a même des gens qui ne se sont jamais arrêtés pour se faire une idée propre de ce que bonheur veut dire. Ils disent qu’ils le veulent mais c’est seulement parce que les autres répètent que c’est une bonne chose. Si tout le monde cherche le bonheur, n’existe-t-il pas un moyen d’obtenir un bonheur universel ? Des personnes disent que leur bonheur est de retrouver leur santé, d’autres d’avoir une maison, un toit où ils puissent se réfugier et se sentir protégés, une famille, être heureux .D’autres trouvent leur bonheur dans le vaste monde de l’argent et ce qu’il offre ; le bonheur de l’un ne fait pas le bonheur de l’autre - mais est-ce qu’une personne peut être le bonheur d’une autre ou sera-t-elle celle qui détruira son bonheur ? On parle de l’amour comme de l’étincelle qui jaillit au milieu de nulle part ; qui se déchaîne comme une bourrasque enflammée, ne cesse de flamboyer en tous sens ; l’amour, n’est-ce pas la rencontre de deux âmes errantes ou bien les retrouvailles d’une amitié si lointaine que le passé lui-même a pu l’oublier, que le futur même ne connaîtra pas l’existence de ce lien -, mais le fil de cette amitié ou de cet amour n’a pas failli à sa mission de traverser le temps. C’est drôle comme on peut changer d’humeur d’un instant à l’autre, on se réveille et on sent qu’une grande densité de chaleur émane de nous. Être heureux sans raison ou bien être malheureux sans avoir subi une trahison, tel est le fleuve étrange de la vie : parfois on se trouve sur la rive sombre et parfois sur la rive lumineuse, on sourit et on pleure, on déborde de courage et on a peur. Tant de sensations et d’actions sans connaître la source, tant de mal à la chercher et ne jamais gagner la course.