La nuit étoilée

BEN GARA
Chaïma
Université de la Manouba
Tunisie

Délicieuse comme un breuvage divin
Aguicheuse comme une mer sans fin
La nuit ténébreuse me prit sous son aile
Commença alors le voyage dans la voie lactée
Et les nuages.
Les étoiles filantes me saluèrent
Elles étaient majestueuses et un tantinet fières
Coquettes, ces lucioles survolèrent la terre.
Le croissant de lune était tout souriant
Il papotait veinard avec ses enfants,
Papillons, rapaces et ombres nocturnes
Ecoutèrent, envoûtés, ses légendes diurnes.
Sur un monde étrange et lointain
Habité par les sorcières et les lutins.
Des hauteurs d’un ciel de pervenche
J’ai pu voir
Au bord du lac, deux corps s’enlacer, des noctambules vadrouiller
Ils rêvaient d’amour et de liberté.
Au loin, un étranger mendiait sous une pluie drue
Il déambulait, tout seul, dans les rues
Cherchant le gîte et la chaleur d’un foyer,
L’amitié d’un cœur qui saura l’héberger.
A la sortie de la ville, une Esméralda attendait
Belle, fragile, farouche, elle était
Elle sentait bon la fleur d’oranger
Ses longs cheveux noirs étaient ceints d’orchidées.
Impatiente, ses yeux verts fixaient l’heure qui coulait comme
Une eau sans couleur.
Son amant lui avait promis monts et merveilles
Une existence aux mille et une saveurs de miel
Mais l’attente devint infernale
Et le rêve s’évada dans la bise hivernale
Je la voyais revenir sur ses pas lents et las
Ravalant des larmes de douleur et de désarroi.
La nuit en gésine enfanta l’aurore
Le soleil se pointa à l’horizon, préparant
Mon escale dans un champ en floraison.
Ce périple nocturne vira à sa fin
Et le noctambule se métamorphosa soudain.
La vie reprenait son cours normal
Le rêve s’acheva sur le son d’une cloche qui tintait au loin
Qui m’arracha à ce songe, me rappelant sans scrupules
Aux ordres du destin.
O nuit ! Ô royaume des rêveries ! Amie pérenne ! Garante de mon salut !
La lumière ici­bas absorbe mon âme, elle déracine mes forces et mes armes
Je ne puis y remédier, ce monde n’est que douleur
Seul ton amour purifiera mon cœur !