Édito n°4

De quoi avons-nous besoin pour écrire ? D’une idée forte à développer sur un mode argumentatif ou d’un souvenir enfoui dans notre mémoire ? D’une bonne histoire, bâtie sur des personnages qui nous font signe ou tout simplement de quelques mots qui nous habitent et nous obsèdent ? D’une bonne grammaire ou d’un grand désarroi ?

Faut-il avoir des démons qui hantent nos nuits, un chagrin caché qui nous fait mal et nous empêche de vivre ? Ou plutôt nous libérer de nous-même, accepter la métamorphose qui se produit en nous, avec nous, malgré nous ?

Par l’écriture, cherchons-nous à représenter le réel tel que nous l’avons vécu et tel que notre souvenir nous le restitue, ou à saisir ce vécu là où il nous a transformé ? A nous souvenir ou à oublier ?

Écrire, est-ce un acte d’appropriation du monde, un geste libérateur, ou juste une façon d’être sensible à la présence des choses présentes en nous ?

Voilà autant de questions que nous nous posons – ou qui se posent à nous – au seuil de tout acte d’écriture.
Mais ces questions sans réponse, vous les posez-vous quand vous prend l’envie, irrésistible, de jouer avec les mots ou d’imaginer des êtres de papiers qui s’animent envnous comme des compagnons intérieurs ?

Cristina Robalo-Cordeiro, Directrice du Bureau Maghreb de l’AUF