L’exil, à deux ou trois pas de la patrie

OULHA
Houda
Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene, Bab Ezzouar
Algérie

L’exil c’est revenir à la maison chaque soir se réfugier dans sa solitude et sa misère. C’est prendre sa plume orpheline, et essayer de chasser ces idées rebelles qui agacent un citoyen ordinaire, qui vit dans un quartier populaire submergé par la mélancolie et les futilités de son quotidien.
L’exil c’est décharger sur les feuilles sa colère, sa joie, sa frustration, son espoir, ses moments de faiblesse et de force.
L’exil c’est essayer d’assiéger ces espaces blancs par ses mots et ses maux.
L’exil c’est rédiger une lettre ou un ensemble de lettres qu’on déchire souvent pour la simple raison c’est le manque de destinataire ou l’absence d’une adresse.
L’exil c’est être cloisonné par des mers et des continents alors qu’en réalité ce ne sont que trois ou quatre pas qui nous séparent.
L’exil c’est le mépris, c’est l’humiliation c’est la moquerie.
L’exil c’est l’ignorance c’est la négligence c’est l’abandon.
L’exil c’est aimer.
Aimer c’est mourir.

O ! Ma patrie,
Je n’ai jamais pensé à te quitter,
Je voulais juste oublier…
O ! Ma patrie,
mais
Je n’arrive pas à t’oublier…
A oublier ton nom parmi les noms…
Ton visage parmi les visages…
L’odeur du pain, chaque matin,
Le parfum des jasmins,
Et les cris de mes voisins…
O ! Ma patrie,
Et ça fait des années que je ne suis pas passée,
A côté d’un chemin qui me fait revenir au passé.
O ! Ma patrie,
Un chemin que j’évite toujours,
Un sourire, un visage que j’essaie d’effacer de ma mémoire chaque jour,
Pour plus de regrets… plus de chagrins…plus de remords.

O ! Ma patrie,
je n’ai jamais pensé à te quitter.
Je voulais juste oublier…

Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on essaie de l’oublier et oublier son visage…son parfum et la couleur de son sol…
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on éteigne la radio, la télé…
Pour ne plus entendre son nom,
Pour ne plus se souvenir…
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on s’isole et qu’on s’enfuit de nos souvenirs,
Qu’on devienne fous,
Qu’on se soûle…
Pour oublier.
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on écrive tous les mots,
Et que la plume reste paralysée devant son nom.
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on s’inquiète pour cette obsession
De s’éloigner et de s’enfuir…
Mais…
On ne peut jamais quitter la patrie…
Ce qu’on peut quitter, c’est une passerelle, une fleur, un souvenir…
La patrie ne peut jamais être abandonnée…
La patrie voyage avec nous…