Le dernier souffle

ZEROUALI
Nafissa
Centre universitaire Ahmed Zabana de Relizane
Algérie

J’attends battre mon cœur,
Me dire à tout à l’heure,
Vers une vie plus meilleure,
Pleine de joie et de bonheur,
Sans rancune et sans peur.

Je vois des larmes aux yeux,
Des enfants qui crient au feu,
Affamés et peureux,
Sans être pris au sérieux.

Je vois des mamans qui pleurent,
Leurs enfants qui meurent,
Entourés de flammes,
Mon dieu, quel drame !

Je vois des papas courir,
Cherchant à les secourir,
Dans le but de s’unir,
Pour le meilleur et le pire.

A quoi bon grandir,
Dormir et se vêtir ?
Sans avoir l’air soucieux,
Envers des gens besogneux.

A quoi bon vivre,
Dans un monde horrible ?
Avoir une vie pénible,
Ça devient impossible !

N’a-t-on pas le droit de rêver,
De vivre et d’espérer,
Revoir le soleil un jour,
Brillant pour toujours...

J’attends battre mon cœur,
Me dire à tout à l’heure,
Vers une vie plus meilleure.



Toi, qui lis mon poème

EL BAZE
Mohammed
Université Ibn Tofaïl de Kénitra
Maroc

Ceux qui ne crient pas leur amour
N’aiment pas vraiment !
Et moi, je crierai de toutes mes forces
Pour que,
Les oiseaux cessent de chanter,
Les rivières s’arrêtent de couler,
Les vents s’empêchent de souffler
Afin de m’entendre te dire
Je t’aime

Je t’aime et je m’emporte avec
Le palpitement de tes cils,
Quand tu es heureuse
Le ruissellement de tes larmes chaudes,
Quand tu es triste
Le tremblement de ton petit corps frêle,
Quand tu es inquiète

Je t’aime en vivant avec l’espoir
De toucher tes lèvres de merveille,
De gouter leur saveur sensuelle
De poser ma tête sur ta tendre poitrine
Pour écouter les battements de ton cœur
Cette musique éternelle
D’enlacer ta taille gracile
Pour atteindre ton âme sublime

Je t’aime et je ne cesserai de t’aimer
Même si cette flamme est
Un mur infranchissable,
Un rêve irréalisable

Je t’aime et je ne m’empêcherai
De te choyer, de te chérir
De tomber,
Pour que tu te relèves
De mourir,
Pour que tu vives

Je t’aime et je t’aimerai toujours
Toi, qui lis mon poème.



L’exil, À deux ou trois pas de la patrie

OULHA
Houda
Université Houari Boumediene USTHB d’Alger
Algérie

-1-
L’exil, c’est revenir à la maison chaque soir se réfugier dans sa solitude et sa misère. C’est prendre sa plume orpheline, et essayer de chasser ces idées rebelles qui agacent un citoyen ordinaire, qui vit dans un quartier populaire submergé par la mélancolie et les futilités de son quotidien.
L’exil, c’est décharger sur les feuilles sa colère, sa joie, sa frustration, son espoir, ses moments de faiblesse et de force.
L’exil c’est essayer d’assiéger ces espaces blancs par ses mots et ses maux.
L’exil, c’est rédiger une lettre ou un ensemble de lettres qu’on déchire souvent pour la simple raison c’est le manque de destinataire ou l’absence d’une adresse.
L’exil, c’est être cloisonné par des mers et des continents alors qu’en réalité ce ne sont que trois ou quatre pas qui nous séparent.
L’exil, c’est le mépris, c’est l’humiliation c’est la moquerie.
L’exil, c’est l’ignorance c’est la négligence c’est l’abandon.
L’exil, c’est aimer.
Aimer, c’est mourir.

-2-
Ô ! Ma patrie,
Je n’ai jamais pensé à te quitter,
Je voulais juste oublier…
Ô ! Ma patrie,
mais
Je n’arrive pas à t’oublier…
À oublier ton nom parmi les noms…
Ton visage parmi les visages…
L’odeur du pain, chaque matin,
Le parfum des jasmins,
Et les cris de mes voisins…
Ô ! Ma patrie,
Et ça fait des années que je ne suis pas passée,
A côté d’un chemin qui me fait revenir au passé.
Ô ! Ma patrie,
Un chemin que j’évite toujours,
Un sourire, un visage que j’essaie d’effacer de ma mémoire chaque jour,
Pour plus de regrets… plus de chagrins… plus de remords.

Ô ! Ma patrie,
je n’ai jamais pensé à te quitter.
Je voulais juste oublier…


-3-
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on essaie de l’oublier et oublier son visage…son parfum et la couleur de son sol…
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on éteigne la radio, la télé…
Pour ne plus entendre son nom,
Pour ne plus se souvenir…
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on s’isole, et qu’on s’enfuit de nos souvenirs,
Qu’on devienne fous,
Qu’on se soûle…
Pour oublier.
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on écrive tous les mots,
Et que la plume reste paralysée devant son nom.
Il arrive parfois,
Qu’on abandonne la patrie…
Qu’on s’inquiète pour cette obsession
De s’éloigner et de s’enfuir…
Mais…
On ne peut jamais quitter la patrie…
Ce qu’on peut quitter, c’est une passerelle, une fleur, un souvenir…
La patrie ne peut jamais être abandonnée…
La patrie voyage avec nous…